Un livre qui répond
à vos questions

Livre, Le Musicien un Sportif de Haut-Niveau par Coralie Cousin
Le Musicien un Sportif de Haut-Niveau par Coralie Cousin

 

De l'échauffement au stress de la compétition avant un concours, Coralie Cousin, kinésithérapeute spécialisée, vous dit tout dans son livre le Musicien, un sportif de haut-niveau.
Destiné aux musiciens qui ont des douleurs dues à la pratique intensive de leur instrument, ce livre recèle de témoignages et conseils illustrés qui redonneront confiance à chacun.

Coralie Cousin

Coralie Cousin

Diplômée de kinésithérapie, Coralie Cousin est, depuis vingt ans, spécialisée dans la rééducation de la main du musicien.
Elle a ouvert son propre cabinet « Kiné des musiciens » à Paris tout d'abord dans le 13ème arrondissement et a soigné et conseillé plus de 3000 musiciens. En décembre 2016 elle transfère son cabinet, 5 cité Riverin dans le 10e arrondissement.
Elle est kinésithérapeute consultante auprès d'institutions reconnues : l'Ecole Normale de Musique de Paris et l'Orchestre National d'Ile-de-France.
Au travers de nombreux articles, conférences, interviews radio et télévision elle tente d'aider les musiciens et de prévenir les affections professionnelles des troubles musculo-squelettiques (TMS).

Vous êtes clarinettiste

Pablo Szapiro

Pablo Szapiro

© Photographie

Les pathologies spécifiques des clarinettistes

Douleur et tension du diaphragme du clarinettiste

On ne peut parler de respiration sans évoquer le diaphragme, ce muscle circulaire, à la fois plancher du thorax et plafond de l'abdomen, qui permet aux poumons de recevoir 80°/° de leur volume d'air. J'ai observé que beaucoup d'instrumentistes souffrent de crispation musculaire du diaphragme Ainsi des tensions peuvent apparaître autour du nombril. Pour commencer à les faire lâcher vous pouvez placer en fin de journée des bouillottes d'eau chaude sur votre ventre.
Ces tensions résultent d'un état de stress. Des exercices d'assouplissement de la cage thoracique et d'étirement sont très indiqués, ils sont associés à des exercices de respiration.

Surmenage de l'épaule droite avec tendinite du coude du clarinettiste

L'épaule droite a tendance à être tirée en bas et en arrière à cause du poids de l'instrument, la tête est projetée en avant. Un cisaillement survient, provoquant des douleurs. Ces douleurs irradient dans tout le membre supérieur droit jusqu'à la colonne du pouce. Des tendinites du coude peuvent parfois être diagnostiquées par les médecins, l'épicondylite est la plus fréquente. Il est alors important de tonifier les muscles qui sont autour de l'omoplate, par des exercices avec et sans instrument.

Inflammation de la colonne du pouce droit du clarinettiste

Lorsque le taquet du pouce est placé trop bas, le pouce perd son rôle de stabilisateur de la voûte de la main. Un déséquilibre musculaire s'installe, l'auriculaire s'affaiblit, et les trilles perdent de leur dextérité.

Clarinettiste mauvaise posture

Mauvaises positions de la main droite du clarinettiste

© Illustrations C. Cousin

Clarinettiste mauvaise posture

Présenter les pathologies les plus spécifiques du clarinettiste nous permet d'attirer votre attention sur les contraintes physiques qui peuvent découler d'une pratique intensive de la clarinette dans de mauvaises positions.
Si vos symptômes correspondent à l'une des situations citées ci-dessus, ne vous inquiétez pas outre mesure, généralement les instrumentistes en guérissent !
Si à l'inverse vous ne vous reconnaissez dans aucune d'elles, ne méprisez pas votre douleur, prenez la tout autant au sérieux.
La douleur vous envoie un signal, réagissez et examinez plus attentivement votre organisation de travail à l'instrument.

Que faire

Les clarinettistes n'utilisent pas tous de repose-pouce car les morphologies de mains sont différentes. Par contre j'y suis très favorable car la motricité fine de la main arrive à trouver plus facilement son équilibre musculaire, en particulier pour les enfants.
Placer une bonne posture avec son instrument est indispensable afin de se sentir à l'aise lorsqu'on respire. Mais l'inverse est tout aussi vrai, une respiration bien placée favorise un bon équilibre.
Il existe un grand nombre d'exercices afin de bien s'échauffer avant de jouer, ils sont réalisés avec l'instrument mais aussi sans.

Témoignage

Témoignage d'un Professeur de clarinette d'un Conservatoire de la région parisienne.

« Je suis clarinettiste et je suis atteint d'une dystonie de fonction de la main droite.
Les problèmes sont apparus tout d'abord sous la forme d'un léger décalage en abaissant ou en levant ensemble le 4e et le 5e doigt. Les trilles avec le 5e doigt devenaient impossibles. Puis progressivement, une instabilité s'est installée sur tous les doigts de la main y compris le pouce, à tel point qu'il m'était impossible de maintenir les doigts sans bouger sur une note longue.
La rééducation s'est déroulée tout d'abord autour de la tête, des épaules afin de retrouver un équilibre (l'épaule droite étant plus basse que la gauche) et une décontraction de cette région avec un bon verrouillage des omoplates.
Pour cela, tous les jours des exercices d'une dizaine de minutes devant un miroir ont été réalisés.
Parallèlement, des séances de rééducation de la main se déroulaient, au début sans instrument afin de retrouver la voûte de la paume de la main et l'alignement à terme de chaque doigt.
Après un an de repos (sans travail de la clarinette) j'ai repris tout doucement l'instrument afin d'y adapter des exercices de repositionnement du pouce, poignet, avant-bras, épaules.
Afin de favoriser une certaine détente un travail important a été réalisé pour replacer correctement la respiration diaphragmatique par des exercices appropriés.

La prise du bec en bouche a dû être corrigée en vue de diminuer la tension musculaire autour de la pince.
Tout cela a demandé des années d'exercices constants pour retrouver progressivement cette sensation de détente des doigts sur l'instrument (comme des pattes de chat : avec la pulpe du bout des doigts épousant confortablement le corps de l'instrument), chaque doigt effectuant le geste minimum nécessaire sans efforts, juste le poids des doigts permettant de boucher les trous des anneaux et d'enfoncer les clés. »