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Livre, Le Musicien un Sportif de Haut-Niveau par Coralie Cousin
Le Musicien un Sportif de Haut-Niveau par Coralie Cousin

 

De l'échauffement au stress de la compétition avant un concours, Coralie Cousin, kinésithérapeute spécialisée, vous dit tout dans son livre le Musicien, un sportif de haut-niveau.
Destiné aux musiciens qui ont des douleurs dues à la pratique intensive de leur instrument, ce livre recèle de témoignages et conseils illustrés qui redonneront confiance à chacun.

Coralie Cousin

Coralie Cousin

Diplômée de kinésithérapie, Coralie Cousin est, depuis vingt ans, spécialisée dans la rééducation de la main du musicien.
Elle a ouvert son propre cabinet « Kiné des musiciens » à Paris tout d'abord dans le 13ème arrondissement et a soigné et conseillé plus de 3000 musiciens. En décembre 2016 elle transfère son cabinet, 5 cité Riverin dans le 10e arrondissement.
Elle est kinésithérapeute consultante auprès d'institutions reconnues : l'Ecole Normale de Musique de Paris et l'Orchestre National d'Ile-de-France.
Au travers de nombreux articles, conférences, interviews radio et télévision elle tente d'aider les musiciens et de prévenir les affections professionnelles des troubles musculo-squelettiques (TMS).

Vous êtes batteur

Frédéeick Rimbert

Frédérick Rimbert

http://www.drumminglab.com

Les pathologies spécifiques des batteurs

Conflit des épaules du batteur

Les épaules des batteurs sont très sollicitées. Il effectue des mouvements amples, puissants et rapides avec ses baguettes. Ces mouvements alternent avec un jeu plus précis et souples sur les cymbales, le rebond n'étant pas le même.
Les douleurs sous forme de contractures musculaires sont fréquentes, elles peuvent irradier entre les omoplates.

La lombalgie du batteur

La région lombaire est très sollicitée par le jeu des pieds (charleston et grosse caisse). Les lombalgies sont fréquentes, des tassements vertébraux peuvent parfois être diagnostiqués à la radiographie.
L'assise du bassin doit être très stable et souple, avec une bonne tonicité de la sangle abdominale.

Entorse du poignet et tendinite du coude chez le batteur

Les batteurs le savent bien la souplesse du poignet est essentielle dans la dextérité du jeu. Mais parfois le travail analytique de cette articulation est poussé à l'extrême et cela peut entraîner des fatigues et des entorses.
Les douleurs remontent dans les muscles de l'avant-bras et des tendinites du coude peuvent être associées : l'épicondylite est la plus fréquente. Il est alors indispensable que le batteur réussisse à intégrer la souplesse de ses poignets dans un geste global de son bras.

Tension du pouce du batteur

Le pouce a un rôle stabilisateur dans la main. Lorsque le poignet perd sa souplesse, le batteur serre son pouce. Cela entraîne des crispations musculaires et des tensions qui remontent dans les avant-bras jusqu'aux épaules.

Batterie mauvaise posture

Mauvaise position
Le tabouret est trop proche de la batterie

© Illustrations C. Cousin

Batterie bonne posture

Bonne position
Le batteur a reculé le tabouret

La batterie est un instrument très physique car il sollicite les quatre membres en perpétuel mouvement. Présenter les pathologies les plus spécifiques du batteur permet d'attirer votre attention sur les contraintes physiques qui peuvent découler d'une pratique intensive de cet instrument dans de mauvaises positions.
Si vos symptômes correspondent à l'une des situations citées ci-dessus, ne vous inquiétez pas outre mesure, généralement les instrumentistes en guérissent !
Si à l'inverse vous ne vous reconnaissez dans aucune d'elles, ne méprisez pas votre douleur, prenez la tout autant au sérieux. La douleur vous envoie un signal, réagissez et examinez plus attentivement votre organisation de travail à l'instrument.

Article

« Écoute battre le son de ton corps » - Batteur Magazine, Coralie Cousin et Baptiste Blanchet

Souvent tabous, notamment chez les musiciens professionnels, les problèmes physiques engendrés par la pratique intensive de la batterie sont réels. Avec Coralie Cousin, kinésithérapeute spécialisée dans la main du musicien, Batteur Magazine vous invite ce mois-ci à partager son expérience et à vous donner quelques pistes de réflexions.

Le contexte général

Il est reconnu par le grand public que les sportifs se font aider par des kinésithérapeutes. Personne n'est choqué de voir sur le terrain de Roland Garros une blouse blanche faire un strapping sur le genou du sportif. Tout le monde comprend qu'il met son corps à rude épreuve. Le public est même compatissant ! Mais imaginer dans un concert de (nom d'un batteur célèbre) les réactions du public si cette même scène se produisait. Dans les esprits plane un doute : « s'il souffre, il ne peut pas bien jouer. »
Ce poids existe également dans l'esprit du musicien « Ce n'est pas possible, cette douleur ne doit pas être physique », le musicien a peur qu'on le juge, qu'on lui dise : « Si tu as mal c'est parce que tu ne veux plus jouer ».

Bien souvent, le musicien, lorsqu'il souffre modifie son positionnement pour décaler son geste afin de moins solliciter le point sensible. Il ne s'en rend pas toujours compte. Par exemple, une douleur initiale au poignet peut se transformer en mal de dos, suite à cette « compensation ». Le musicien s'enferme dans ces « petites tricheries de son corps » qui au début ne s'entendent pas, mais le fatigue terriblement. Cette fatigue parasite va s'accumuler lors de longues heures de pratique instrumentale.
Le batteur va hésiter à aller voir un médecin, il craint qu'on lui dise de s'arrêter de jouer, que seul le repos le guérirait. Il ne pourra plus assurer tel concert ou telle séance d'enregistrement. Par définition c'est un instrument de groupe. Il a peur de son exclusion. Pour toutes ces raisons, le batteur sera réticent à se soigner ou au mieux, va tarder à consulter.

Gardez toujours à l'esprit que l'on peut se faire soigner tout en continuant à jouer si les problèmes sont abordés suffisamment tôt.

Le contexte personnel

Quand on loue un studio de répétition ou d'enregistrement pour une durée limitée, il n'y a pas de temps à perdre ! on commence à frapper, avec une musculature non préparée. Jouer à froid s'avère dangereux pour les muscles.
Dans la mesure du possible, comme un sportif, il faut prendre le temps de s'échauffer. Même si vous avez le sentiment de perdre du temps. Les batteurs qui cultivent le bien être de leurs corps sont plus performants et jouent sans fatigue parasite. C'est une évidence, une banalité à dire, mais dans la pratique il faut beaucoup de volonté pour l'appliquer.
Aux Etats-Unis, beaucoup de batteurs font d'ailleurs de la musculation, ils ont une hygiène de vie qui va assez bien avec cet instrument. Nager, courir, permet de bien placer sa respiration, d'éliminer le stress. Je conseille donc clairement la pratique d'un sport.
Il faut arriver en forme face à son instrument et non attendre que l'instrument, vous mette en condition !

« Contrairement au sportif qui sait s'arrêter à temps, le musicien, lui, ne se rend pas compte de sa fatigue. Souvent il ne la sent même pas. Il éprouve parfois un sentiment de bien-être, qu'il appelle la chauffe.

Les spécificités de la batterie

Les secrets de la bonne posture vont se trouver dans la stabilité du centre de son corps.
Le réglage de la hauteur de son siège est primordial. Le batteur doit travailler l'équilibre de son bassin sur son siège.
Il ne doit pas être ni trop cambré ni trop voûté. Les hanches doivent rester souples afin de se pencher sur son instrument en utilisant la puissance des abdominaux qui partent de très bas, sous le nombril. L'étirement de la colonne vertébrale va jusqu'à la tête, elle part de la stabilité du bassin. Ainsi on place sa tonicité indispensable à la construction de sa décontraction.
L'équilibre de la respiration est indispensable. On respire avec ses poumons et non avec son ventre ! La souplesse de la cage thoracique va participer à porter le poids des membres supérieurs et à assurer la fluidité des épaules. L'ensemble de la musculature du dos du batteur doit travailler.
Elle prend sa source au centre du corps jusqu'à la dextérité de ses mains. Tout est lié afin que l'énergie circule dans l'ensemble du corps.

Attention à l'amplitude

Le défaut de posture le plus fréquent est d'être trop près de son instrument. Cette réduction de l'espace entre le musicien et son instrument contribue à ce que le geste répétitif soit plus traumatisant car le corps manque d'amplitude. L'ensemble de la musculature est plus pressurisé, elle aura plus tendance à la crispation. Bien souvent le musicien se rapproche dans l'idée de s'économiser, de moins se fatiguer. C'est une erreur. Même si le geste est petit, il faut le penser ample cela élargit la palette musculaire.

La prise de baguette

« Le défaut de position de la main le plus fréquent est le serrage de la baguette entre le pouce et l'index. On appelle cela l'effet pince. Le batteur ressent une douleur entre le pouce et l'index due à des tensions de la musculature intrinsèque de la main. »

Apprendre à doser sa force

« J'ai demandé à un batteur professionnel ce qu'il avait appris en faisant un travail sur son corps. Il m'a expliqué qu'avant de venir me voir il avait l'impression que son corps avait accumulé trop de fatigue. Il frappait sur du dur qui se retournait contre lui, comme une claque, provoquant une tendinite. « Aujourd'hui j'ai appris à doser ma force, j'ai un son très puissant sans forcer. Mon corps et l'instrument sont le prolongement de mon âme dans la musique. »